Interview de YAMATOGAWA – Japan Touch 2014

Le samedi 8 novembre 2014 et le dimanche 9 novembre 2014, avait lieu à Lyon le salon Japan Touch.
En invité phare de l’événement, grâce à Taifu Comics, nous avons eu l’honneur de recevoir Yamatogawa en France.

Yamatogawa, qui est-ce ?
C’est un auteur de manga érotique japonais.
Taifu Comics a publié plusieurs de ses oeuvres en version non-censurée, ce qui est un détail assez important pour le signaler.
En effet, au Japon, toutes les oeuvres érotiques sont censurées.

Grâce à mon accréditation presse Nolife et à l’attaché presse de chez Taifu Comics, l’éditeur de Yamatogawa, son interprète et bien sûr : Yamatogawa lui-même, qui ont été plus qu’adorables.
J’ai pu faire une petite interview très improvisée.
Les questions ne font pas du tout pro mais le coeur y était.
Je remercie toutes les personnes qui m’ont envoyée des questions sur Twitter, et qui ont rendu tout cela possible.
Elles se reconnaîtront dans la suite de l’article.

Il y avait 2 séances de dédicaces par jour.
Taifu Comics a vraiment été très généreux envers les fans.
Il suffisait d’acheter un manga de la collection 100% Hentai – Sans Interdits pour avoir un ticket qui donnait droit à une dédicace, accompagné d’un ex-libris sur lequel l’auteur signerait.
Le staff était très cool, le premier jour j’ai pu acheter deux manga de leurs collections et avoir deux tickets : une dédicace pour moi, et une seconde pour une autre personne.
Les tickets sont partis assez rapidement.
Samedi, les séances de dédicace étaient de :
14H00 à 14H45, à l’espace érotique : EROS IN JAPAN.
16H30 à 17H15, à l’espace dédicaces.

Dimanche, les séances de dédicace étaient de :
14H00 à 14H45, à l’espace dédicaces
16H45 à 17h45, à l’espace érotique : EROS IN JAPAN.
(Mal)heureusement, il n’y avait plus d’ex-libris et l’auteur dédicaçait sur le manga avec une petite illustration.

Pour vous donner un aperçu rapide de l’organisation assez chaotique, pour rester poli.
Nous avons fixé le dimanche même, l’heure de l’interview.
15h30, Yamatogawa, son éditeur ainsi que l’interprète n’avaient pas encore déjeuné.
Leur prochain rendez-vous étant à 16h, ils ont mangé pendant que Yamatogawa répondait aux questions, et était en même temps, en train de dédicacer mon manga.
Nous avons enregistré une grosse partie de la conversation via un portable.

Je vous prie de m’excuser de mon niveau de traduction d’amateur ainsi que de mon français approximatif, mais j’ai fait de mon mieux pour retranscrire les sentiments de l’auteur.
En espérant que le tout reste assez digeste.

Est-ce que vous aimez les soubrettes ?
– Si vous posez cette question à n’importe quel Japonais, je ne pense pas qu’il soit possible de répondre : « non ».

Qu’est ce que vous préférez écrire ? Un recueil d’histoires courtes (ex : How good was I ?) ou des histoires complètes (ex : Power Play) ?
– Les deux… Ils ont chacun leurs inconvénients et leurs bons côtés…

Est-ce que vous comptez un jour publier un manga pour tout public ?
– Non, je ne pense pas… Ce n’est pas que cela ne m’intéresse pas, mais je n’y ai jamais pensé et je ne pense pas avoir le temps de me pencher dessus actuellement.

C’est évident que vous préférez les poitrines généreuses, mais qu’en est-il des planches à pain ?
– Hm… Je… ne les déteste pas…

Pourquoi YAMATOGAWA en tant que pseudo ?
– C’est le nom d’une rivière qui passait près de ma maison, lorsque j’étais petit.
Lors de mon premier petit boulot, je n’avais pas encore réfléchi à mon nom de plume. J’avais 5 secondes pour me décider, j’ai dû choisir rapidement et cette rivière m’est venue à l’esprit. 

Concernant votre travail, avez-vous des assistants ?
– Je n’en ai pas. Je fais cela tout seul.
Bien entendu, avec ce choix, je mets beaucoup plus de temps… Comment dire… Je ne pourrais pas déléguer cela à d’autres personnes. Je ne suis pas très enthousiaste à l’idée de confier cela à un étranger.
Disons que c’est à cause de ce petit caprice, que je suis relativement débordé.
Mais les artistes vraiment débordés ne tiennent pas ce discours et demandent de l’aide à des assistants.

Quel est votre rythme de travail ?
– Mis à part la date limite à respecter, j’organise librement mon emploi du temps pour pouvoir rendre en temps et en heure mes travaux.

De quelle œuvre êtes-vous le plus fier ?
– Power Play.

Avez-vous le temps de regarder des animés ?
– Oui, bien qu’actuellement je n’ai pas le temps d’en regarder toutes les semaines.

Avez-vous une série que vous appréciez tout particulièrement ?
– Il y en a plusieurs… mais récemment, je dirais : Puella Magi Madoka Magika.
J’ai pleuré à chaudes larmes.

Vous êtes l’un des rares auteurs de mangas érotiques à être absents du Comic Market, pourquoi ?
Avez-vous déjà fait des fanzines (doujinshi) ?
– Je n’ai malheureusement pas le temps de participer au Comic Market… Et… Cela ne m’intéresse pas trop…
J’ai fait du doujinshi il y a très longtemps, lorsque j’étais encore étudiant, mais depuis que je suis devenu professionnel, je n’y ai pas retouché.
Même s’il y a tout de même pas mal de professionnels qui continuent à faire du doujinshi.
Chez les auteurs de mangas érotiques cela est très courant, je crois ?
Certains auteurs travaillent assez rapidement, ils ont donc la possibilité de faire quelques croquis pour leur doujinshi à côté de leur travaux professionnels.
En ce qui me concerne, c’est impossible !
Même s’il existe des auteurs solo qui arrivent à faire les deux…

Vous semblez beaucoup plus populaire en France qu’au Japon, est-ce que cela vous surprend ?
– Cela me surprend encore, j’ai du mal à y croire, même maintenant !

Avez-vous des auteurs qui vous servent de références ? 
– Concernant les auteurs de mangas érotiques : non.
Il est possible que mon style ressemble à celui d’un autre auteur, mais je n’en ai copié aucun.
Quand aux auteurs de mangas en général, bien entendu, depuis que je suis tout petit.
J’en apprécie tellement, je ne peux pas citer un nom en particulier.

Que pensez-vous du marché des mangas érotiques qui se développe à l’international ?
– Je me dis que tous les hommes aiment bien ça. (Rires)

Avez-vous un avis sur la censure de plus en plus sévère au Japon ?
– Nous nous donnons du mal pour faire ces illustrations… Bien sûr, je n’apprécie pas trop cela… mais nous n’y pouvons rien.
Je suis vraiment heureux qu’en France, cela soit publié sans censure.

Pourquoi il y a-t-il autant de couples mignons dans vos histoires ?
– Je ne veux pas dessiner des histoires qui seraient désagréables à lire.
Par exemple, les viols, je pourrais dessiner ce genre de scènes mais… je trouve cela pas très agréable à dessiner, ni à lire.
Bien entendu, il y a des lecteurs qui aiment bien ce thème.
Je leur conseille donc de lire des auteurs qui dessinent ce genre d’histoire. Personnellement, je ne peux pas en dessiner.

Est-ce que cela vous plairait d’avoir une autre adaptation en animé d’une de vos œuvres ?
– Oui, et même plus !
C’est fantastique de voir mes personnages bouger.
J’ai beaucoup apprécié l’adaptation de Tayu Tayu en animé, qui était particulière.
Ce n’était pas une technique d’animation conventionnelle, puisque c’étaient mes propres illustrations qui étaient animées.
Cela donnait un rendu assez étrange.

Est-ce qu’il y a quelque chose que vous vous interdisez de dessiner dans vos histoires ?
– Cela rejoint une des questions précédentes, justement, le viol et les actes répréhensibles par la loi.
Enfin… je ne pense pas que cela soit correct de faire l’amour dans des lieux publics… mais disons que je ne veux pas dessiner des histoires qui laissent un mal être au lecteur.
Je ne veux pas et je ne peux pas.
C’est peut-être pour cela qu’il y avait presque autant de fans féminins que masculins.
Au Japon, je ne sais pas trop, il n’y a pas eu de sondage auprès de mes lecteurs, ni de séance de dédicace.

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About Lau

Frenchy cat on the sofa.

5 responses to “Interview de YAMATOGAWA – Japan Touch 2014”

  1. Sunseille says :

    court mais intéressant
    J’espère que ca ne l’a pas trop gêné de répondre a une interview durant la pause déjeuner.

    • Lau says :

      Il a même insisté pour le faire.
      Il était vraiment adorable.

      En fin de compte, j’étais plus gênée que lui, de les embêter pendant leur pause.

  2. Aldherrian says :

    J’aurais voulu me faire dédicacer mon Power Play anglais mais quand j’ai vu que ça se passait sur ex-libris j’ai été refroidi… Au final, il a accepté de dédicacer directement sur des exemplaires on dirait !

    Très sympa cet interview, ça a vraiment l’air d’être quelqu’un de chouette 🙂

    • Lau says :

      Merci beaucoup pour ton commentaire !
      Il a été super sympathique en effet !
      Il était complètement crevé mais il a vraiment donné de sa personne pour tous ses fans !

  3. Eck says :

    Power Play…. *unzip pants*

    Quelle chance de pouvoir rencontrer un si grand auteur de hentai, et de repartir à la maison avec un joli dessin.

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